Par les Drs Quinton dip ECZM, Guillon, Curros

Une métaplasie squameuse du tissu prostatique (le plus souvent consécutif à une maladie surrénalienne) entraine une augmentation de volume de la prostate et la présence de kystes paraprostatiques pouvant conduire à une obstruction urétrale. Une surinfection peut induire une pyurie majorant les symptômes.

Il faut lever l’obstruction en posant une sonde urinaire.

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Cette manœuvre est délicate car le diamètre urétral est petit et le trajet de l’urètre suit une courbure pelvienne très accentuée qu’il est difficile de passer. On utilise par exemple un cathéter urétral de 1,0 ou 1,3 mm de diamètre. La cathétérisation urinaire est pratiquée sur les furets en décubitus dorsal. Le prépuce est rétracté pour mettre en évidence l’os pénien en forme de crochet. L’ouverture urétrale est située au niveau de la courbure externe de l’os pénien. Une lubrification préalable de la sonde avec un gel anesthésiant en facilite le passage. Une irrigation rétrograde peut aider à la dilatation de l’urètre. Il est souvent utile d’aider la sonde à se courber avec les doigts lors du passage délicat de l’angle pelvien. Une suture du cathéter à l’aide d’ailettes de scotch à proximité du prépuce permet de le maintenir en place. En cas d’échec, une cystocentèse permet un soulagement temporaire.

Une fois l’obstruction levée, on identifie la cause primaire : si une radiographie est en général suffisante pour identifier une lithiase urinaire, une échographie abdominale est nécessaire en cas de blocage prostatique pour vérifier l’hypothèse d’une maladie surrénalienne et identifier la présence d’éventuels kystes paraprostatiques.

Le traitement doit viser à une diminution la plus rapide possible de la taille de la prostate. La pose d’un implant de desloréline, souvent utilisé pour traiter en première intention cette maladie chez le furet, n’est dans ce cas pas indiquée car le délai de résolution des symptômes après son administration est d’environ une dizaine de jours. Un autre analogue de la GnRH utilisé en médecine humaine, l’acétate de leuproréline, administré en IM à la dose de 250 μg/kg, présente l’avantage d’une action plus rapide, puisqu’il permet une diminution de taille du tissu prostatique dans les 12 à 48 heures. Le principal obstacle à son utilisation est son coût élevé. La solution la plus adaptée dans ce cas est sans doute l’ablation chirurgicale de la surrénale atteinte, car outre son intérêt curatif de la maladie surrénalienne, elle permet une diminution de taille de la prostate en 24 à 48 heures. Cette intervention peut être associée à une omentalisation des kystes prostatiques si nécessaire.

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